
Saint-François-du-Lac n’est pas situé sur les bords du lac Saint-Pierre, pas plus que Pierreville n’est sur le territoire de la seigneurie de Pierreville. Voici comment s’explique cette double anomalie :
La seigneurie de Saint-François, telle que vendue par Pierre Boucher à Jean Crevier en 1673, avait une lieux et demie de front sur le lac et une lieue de profondeur dans les terres. Elle s’étendait sur la rive gauche de la rivière Saint-François, mais comprenait encore, sur la rive droite, le long du chenal Tardif, une lisière par où elle touchait à la seigneurie de Lussaudière. Quelques années plus tard, en 1678, Jean Crevier se fit concéder par le gouverneur Frontenac et l’intendant Duchesneau une autre lieue de profondeur, en arrière de sa seigneurie et aussi en arrière de celle de Lussaudière, soit sur deux lieues et demie de largeur. C’est au bout de la seigneurie de Saint François ainsi grandie que se trouvait celle de Pierreville, concédée à Laurent Philippe en 1683.
À la demande des gouverneurs du Canada, la veuve de Jean Crevier et son fils Joseph cédèrent aux Abénakis, en 1700, une demi-lieue de profondeur dans la partie postérieure de la seigneurie, sur toute la largeur de celle-ci, puis, en 1705, un quart de lieue de plus en descendant, mais seulement du côté droit de la rivière. C’est sur ce quart de lieue que les Sauvages rebâtirent leur village, à l’endroit où il est encore actuellement.
Pour suite des progrès du peuplement, le centre vital de Saint-François en vint à se déplacer. Il était primitivement où se trouve aujourd’hui le village de Notre-Dame-de-Pierreville. C’est là qu’étaient le manoir seigneurial, le fort et l’église. La paroisse comprenait alors les trois seigneuries, Saint-François, Lussaudière et Pierreville. Cette dernière commença à se peupler à partir de 1800. Le site de l’église n’étant plus central, il fut décidé de la déplacer, en remontant la rivière. Les gens d’en bas s’opposèrent à cette décision. L’affaire fut porté devant les tribunaux, et jusque devant le Parlement. En dépit des menées des opposants, l’église fut rebâtie à quelques milles plus haut, vis-à-vis celle des Abénakis. Elle fut bénite en 1849. Autour d’elle se constitua un nouveau village, qui continua de s’appeler Saint-François-du-Lac, bien qu’il ne fût pas situé sur les bord du lac Saint-Pierre.

Quelques années après, en 1853, la paroisse fut démembrée. Une nouvelle paroisse fut créée, qui prit le nom de Saint-Thomas-de-Pierreville. Elle comprenait l’Île du Fort, où se trouvait l’ancien Saint-François, et toute la rive droite de la rivière. Son église fut construite dans un endroit central, tout près du village des Abénakis, sur un terrain acheté d’eux, qui par conséquent faisait partie du territoire de la seigneurie de Saint-François. Depuis, cette paroisse a été divisée, pour former Saint-Elphège en haut (1886) et Notre-Dame-de-Pierreville en bas (1894), de sorte que dans cette dernière se trouve inclus le centre primitif de Saint François.
Aujourd’hui, Saint-François-du-Lac est une localité où il fait bon vivre, La municipalité compte quelques industries dont ses citoyens sont fiers et il reste encore quelques terrains afin de pouvoir recevoir d’autres industries. La zone résidentielle de Saint-François-du-Lac peut aussi recevoir des familles.
Tiré du livre Histoire de Saint-François-du-Lac
Une première chapelle de Saint-François-du-Lac est érigée en 1688, un an après la fondation d’une mission religieuse de Récollets et de Jésuites sur ce territoire vers 1687. Néanmoins, cette chapelle est détruite à la suite d’une attaque des Iroquois, en novembre 1689. Alors, neuf ans plus tard, en 1698, une seconde chapelle en bois y est construite.
C’est en 1717 que les paroissiens de Saint-François-du-Lac entreprennent la construction de la première église de bois. Cette église se trouvait sur l’Île-du-Fort. Un presbytère en bois se trouvait à proximité de l’église.
En 1731, on procède à la construction d’une deuxième église, cette fois, en pierre. Elle est parachevée en 1739 avec l’addition d'un clocher qui est remplacé par un deuxième clocher en 1765. À côte de cette église, un presbytère en pierre est érigé en 1806.
La construction de la troisième église de la paroisse, celle qu’on voit en haut du site Web, débute en 1845. L’église est inaugurée et bénie en 1849.
L’église est construite selon les plans du célèbre architecte Thomas Baillargé dans le style aussi dit « Jésuite » ou « plan Récollet », soit avec une nef sans transept se terminant par une abside en hémicycle. Elle a une façade harmonieuse et imposante, typique de l’esthétique de Baillargé, qui a conçu des façades analogues à Sainte-Croix-de-Lotbinière, Baie-du-Febvre et Grondines.
Le décor intérieur de l’église est réalisé un peu plus tard, dans les années 1850. C’est l’oeuvre des artistes Alexis et Michel Milette, père et fils, sculpteurs de Yamachiche.
L’orgue de l’église est une œuvre de l’entreprise Casavant de Saint-Hyacinthe. C’est un des plus anciens orgues qui existent au Québec.
Le presbytère de l’église fut construit en 1899 en brique.
En 1957, l’église de Saint-François-du-Lac est déclarée « monument historique ».
Le presbytère
Le couvent
L’Hôtel de ville
L’hôtel Abénakis Springs